NUMERO AZUR POUR L’ORIENTATION : LE CHOIX DU VIRTUEL

, par  Sandrine Stefkovic

L’annonce par le ministre de l’Education Nationale d’un N°Azur pour l’orientation correspond essentiellement à une opération de communication dont on peut fortement douter de l’efficacité. Ce dispositif voudrait avaliser l’idée que le conseil pour l’orientation est une simple affaire technique, d’information, qui peut être résolue au téléphone en moins de 10 minutes.

En privilégiant la réponse téléphonique et l’affichage médiatique sur le conseil approfondi mené par les conseillers d’orientation-psychologues dans les établissements scolaires et les CIO, elle rabat la complexité des questions autour de l’orientation des collégiens des lycéens et des étudiants sur la délivrance de simples informations.

Comment s’inscrire dans une démarche de conseil sans rien connaître de l’élève, de son histoire, de son développement, de ses résultats ?
L’élaboration d’un projet d’avenir à l’adolescence demande du temps, de la maturation, des étapes à franchir. Le travail mené par les conseillers d’orientation-psychologues dans les établissements s’inscrit dans la durée, dans une démarche de suivi sur tout le cursus scolaire et s’articule avec l’action des professeurs principaux.

Le ministère de l’Education Nationale prend la responsabilité, avec cette décision, de prélever, sur les effectifs déjà bien faibles, des copsy qui devraient, toutes affaires cessantes, aller répondre au téléphone sur des plateformes téléphoniques académiques. A cette période de l’année où les carnets de rendez-vous des copsy débordent, où le travail essentiel avec les équipes d’établissement est indispensable avant les conseils de classe et la constitution des dossiers d’orientation, Xavier Darcos choisit le virtuel, au détriment de conseils approfondis en entretiens de face à face.
Cette initiative aura pour conséquence de détourner les copsy de leurs missions prioritaires auprès des élèves, des parents et des enseignants et de démanteler un peu plus le service public d’orientation de l’Education Nationale qui depuis 3 ans a perdu près de 600 postes.
Elle ne peut répondre aux vrais besoins des jeunes et des parents qui doivent pouvoir bénéficier d’entretiens personnalisés dans leur établissement et leur CIO au moins une fois par trimestre avec des copsy suffisamment nombreux et disponibles.

Le SNES appelle les collègues à ne pas se porter volontaires, à continuer à exercer leur métier au plus près des demandes des jeunes et des parents à exiger un renforcement réel des moyens des CIO pour assurer un travail de qualité inscrit dans la durée.