Accompagnement éducatif : gare aux dérives !

En raison d’un calendrier ministériel hâtif (article du BO paru en juin 2008), la mise en place de l’accompagnement éducatif dans notre académie s’est faite dans la plus grande précipitation.
La date butoir du 1er octobre 2008, pour le début officiel du dispositif n’a pas été respectée dans la majorité des établissements.
Dans la plupart des cas, l’organisation de l’accompagnement éducatif tient davantage du bricolage que du projet pédagogique concerté.
Sur le terrain, la nécessité d’opérer dans l’urgence entraîne la multiplication de points noirs :
- activités éducatives souvent réduites à l’aide aux devoirs
- absence du volet activités sportives
- recours aux assistants d’éducation faute d’enseignants volontaires en nombre suffisant
- horaires parfois inadaptées (12h-13h voire 13h-14h)
- volontariat douteux de certains élèves en difficulté désignés par le professeur principal mais
peu désireux de participer
- absence de bons élèves pris en charge dans le dispositif.

En dépit de l’intention de départ louable répondant à une demande sociale, prendre en charge des élèves en difficulté dans le cadre de l’institution scolaire, plutôt que de les laisser livrés à eux-mêmes, une interrogation demeure.
Dans le contexte actuel de restrictions budgétaires drastiques, le dispositif de l’accompagnement éducatif, qui sera bientôt étendu aux lycées, n’est-il pas la phase préliminaire d’un processus plus vaste menaçant les horaires d’enseignement que le ministère entend réduire, et le devenir de certaines disciplines qui pourraient à la longue se voir externaliser ?

Le SNES réaffirme sa position :
il ne s’oppose pas à l’accompagnement éducatif, mais prône une mise en œuvre cohérente et fondée sur :
- le respect du volontariat des personnels
- la garantie de la rémunération de leurs interventions
- l’absence de concurrence entre les activités réglementaires du temps scolaire et les activités
programmées de l’accompagnement
- l’utilisation équilibrée des vies scolaires qui ne doivent pas être dégarnies par l’accompagnement éducatif.
N’oublions pas que c’est avant tout au sein de la classe que l’aide aux élèves doit être dispensée.

Diane RINALDO