Les nouveaux programmes en français au collège : Bilan mitigé

Un projet de programme en français disponible en avril 2OO8 a été soumis aux collègues qui ont été consultés dans la précipitation.
Le projet de programme, après quelques modifications mineures, s’est mué en « Programmes d’enseignement du français » publiés au Journal officiel, parus au BO en août 2008,et disponibles sur le site Eduscol : http://eduscol.education.fr/D0082/accueil.htm.
La mise en application des programmes est prévue pour la rentrée 2009.
Le délai très court entre la consultation des collègues et la rédaction des programmes officiels laisse planer un doute sur la prise en compte effective des avis des enseignants consultés.
Il est regrettable que les nouveaux programmes aient été adoptés à un rythme effréné
(avril-août, délai de 5 mois) laissant peu de place à la réflexion et à la concertation.

Et dans notre académie ?
Les résultats de la consultation des enseignants de Guadeloupe au sujet des nouveaux programmes de français ont été rendus officiels.

Points positifs
Les enseignants saluent la clarté, la concision et la lisibilité du texte lui-même, l’abandon d’un lexique techniciste et de notions trop complexes. Les professeurs apprécient que soient maintenus les principes du décloisonnement, de l’interdisciplinarité (français/histoire-géographie), avec l’organisation en séquences et en séances.

Point à revoir

- Le socle commun -
Les enseignants s’étonnent de l’absence de référence concrète au « socle commun ».
Ils auraient aimé que les points relevant du socle commun figurent en italique afin d’être facilement identifiables et de faciliter la définition des compétences exigibles à chaque niveau.

Points négatifs

- Histoire des arts -
La place accordée à l’histoire des arts est approuvée, mais des questions surgissent :
- comment concilier richesse du programme et maigreur du volume horaire ?
- une formation des enseignants sur l’histoire des arts ne serait-elle pas indispensable ?
- Les œuvres -
Les enseignants déplorent l’absence d’œuvres faisant référence à la littérature régionale qu’ils aiment faire découvrir aux élèves des DOM.
Ils regrettent aussi la disparition de la bande dessinée.
Certaines questions méritent d’être soulevées :
- la liste des œuvres recommandées est-elle indicative ou limitative ?
- aucune précision n’est donnée en ce qui concerne le nombre d’œuvres pour chaque niveau, est-ce à l’enseignant de le déterminer librement ?
- L’oral -
Un grand nombre de critiques portent sur l’oral, en raison du manque d’indications concernant la pratique de l’oral en classe (exercices détaillés, évaluation).

En conclusion, un paradoxe demeure : la liberté pédagogique de l’enseignant de Lettres est reconnue, mais n’est-elle pas limitée par des programmes rendus difficilement applicables, essentiellement en raison de leur lourdeur et de la diminution des horaires de français ?

Diane RINALDO