SOCLE COMMUN : UNE EDUCATION AU RABAIS

, par  Sandrine Stefkovic

Dans la loi Fillon, le socle commun est présenté comme une mesure phare répondant à l’exigence de réussite de tous les élèves.
Beaucoup de notions se mêlent dans la mise en place du socle commun :
le socle commun de connaissances et de compétences, les livrets d’évaluation, les huit piliers, les grilles de référence, les programmes.
Beaucoup de complexité et de fausse technicité dissimulant l’absence d’une réflexion pédagogique de qualité.

Face aux demandes d’explication, l’administration renvoie au site Eduscol.
En vérité, le texte du socle commun est une émanation des politiques européennes et une copie des politiques éducatives appliquées dans les pays anglo-saxons.

Le socle commun véhicule une vision réductrice de la culture, ignore les processus d’apprentissage et ne donne pas les moyens de faire réussir ceux qui sont en difficulté.En effet, les jeunes qui ne poursuivront pas d’études après le collège seront renvoyés à une hypothétique formation continue susceptible de compléter leurs connaissances de base.
A dire vrai, le socle apparaît clairement comme un outil de mise en place de la RGPP ( Révision Générale des Politiques Publiques), il risque de légitimer une réduction drastique des horaires et une réorganisation des enseignements au collège.
Une partie des programmes pourrait être réservée à certains élèves, ou peu à peu externalisée vers l’accompagnement éducatif (pratiques artistiques).
Les élèves en grande difficulté se contenteraient du seul socle commun.

Le SNES préfère une politique éducative ambitieuse fondée sur une culture commune construite jusqu’à la fin du lycée avec l’accès parallèle à des spécialisations.
Le SNES opte pour des programmes moins centrés sur la mémorisation de connaissances et davantage tournés vers des pratiques, des raisonnements favorisant la formation du futur citoyen.

Diane RINALDO