Compte-rendu de l’AG des Assistants d’Education du mercredi 13 mai 2009

, par  Sandrine Stefkovic

Personnel de surveillance à la vie scolaire des collèges et lycées, aide documentaliste, Assistants pédagogiques (AP), AVS-i , AVS-co... Ces personnels accomplissent des missions différentes dans le 1er et le second degré et pourtant ont TOUS un point commun : leur statut. Ils sont tous AED (Assistant d’Education).

Mercredi 13 mai 2009, les Assistants d’Education (AED) ont rencontré leurs représentants FSU à la Commission Consultative Paritaire (CCP) pour parler des problèmes rencontrés dans l’exercice de leur fonction mais aussi du fait de leurs statuts précaires.

Au cours des échanges, plusieurs constats ont été faits :
- aucune réflexion sur les missions, les conditions d’emploi et de formation ou sur les perspectives,
- aucun état des lieux précis selon les écoles ou les établissements scolaires,
- une simple adaptation aux besoins ponctuels,
- et des droits peu connus et souvent bafoués ...

- Les missions confiées aux AED sont parfois délibérément floues et très diverses permettant ainsi à certains chef d’établissement de les utiliser un peu partout notamment sur des postes administratifs, voire transformer l’AED en technicien du réseau informatique de l’établissement (mise en place , maintenance et mise à jour, voire formateur des personnels). Le SNES rappelle aux collègues AED que leur contrat d’embauche indique les missions pour lesquelles ils ont été recrutés et que l’on ne peut y déroger. Par ailleurs, un AED peut être recruté pour effectuer des missions d’aide à l’utilisation des nouvelles technologies, mais en aucun cas comme technicien de gestion du réseau informatique de l’établissement. La précarité des contrats des AED ne doit pas être un moyen pour les chefs d’établissement de détourner leurs missions comme bon leur semble.

- Le temps de travail : il est nécessaire de réduire le temps de travail annuel et hebdomadaire des AED (par un système de décharge équivalent à celui des MI/SE) pour favoriser leur réussite dans les études supérieures et dans leurs projets professionnels. Actuellement, un AED à temps complet ,et qui effectue son service sur 39 semaines/année, travaille 41 heures par semaine. Poursuivre ses études ou préparer un concours dans ces conditions est un leurre !!!
Quant aux AVS-i , trop souvent ils se voient contraints d’accepter un mi-temps alors que le temps scolaire de l’enfant en situation de handicap dont ils ont la charge est supérieur.

- Le droit à la formation : c’est évidemment sur ce point que le débat a été le plus vif. Le rectorat est censé mettre en place une formation d’adaptation à l’emploi incluse dans le temps de service effectif. Cette formation doit être organisée le plus tôt possible après la prise en fonction des assistants. En réalité, sur le terrain, cette obligation de formation se traduit par une journée d’information en assemblée plénière. En l’absence de cadrage national (tant sur le contenu que sur la durée de la formation) le rectorat se contente de faire le strict minimum. Par ailleurs, les AVs-i qui ont en charge individuellement les élèves en situation de handicap ne bénéficient pas toujours de la formation obligatoire spécifique qui leur est dûe.
Par ailleurs, le droit à la formation est bien souvent méconnu des AED : le SNES rappelle que les AED peuvent demander à bénéficier d’un crédit d’heures qui s’impute sur les horaires de travail ou bien encore d’un congé formation après trois années de service effectif.

Six ans après la création de la catégorie des AED, la situation des collègues confirme les analyses du SNES :
- la vague des premiers recrutés va bientôt pointer au chômage,
- la promotion sociale n’a pas été réalisée,
- les AED ont pallié le manque de personnel dans d’autres postes que ceux de la "vie scolaire",
- les AVS sont actuellement recrutés sous contrat d’AED, ce qui n’est nullement adapté et entraîne trop souvent un turn-over insupportable et illogique au vu de la spécificité de leurs missions. Celles-ci doivent requérir une qualification particulière et adaptée.

Le SNES revendique pour les AED :
- le développement de l’emploi public statutaire (réouverture des concours réservés, professionnels et des concours internes actuellement fermés) ;
- pas de contrat inférieur à un an. Suppression de la période d’essai en cas de renouvellement du contrat ;
- Pour les AED qui arrivent en fin de droit, obtenir une année dérogatoire supplémentaire comme c’était le cas pour les MI/SE ;
- diminution du temps de service hebdomadaire par un système de décharge équivalent à celui des MI/SE ;
- revalorisation immédiate de nos salaires (recrutés au niveau bac minimum, les AED sont pourtant payés comme des personnels de catégorie C) ;
- mise en place effective d’un plan de formation académique de formation continue ;
- création statutaire du corps spécifique des AVS.

Aujourd’hui, le mouvement des assistants d’éducation est dans une dynamique : conscients qu’il ne faut plus subir la pression et les chantages des potentats locaux, nous sommes sûrs de notre force et capable de notre volonté d’aboutir à être mieux considérés et plus écoutés. La nouvelle commission consultative paritaire est celle de TOUS les assistants d’éducation, elle est une plateforme officielle de nos revendications mais aussi la garante de la défense de chacun.

Vos élus : Pierre CHAVAGNEUX, Odile DANEL, Anita CAREME, Patrice CARVIGANT