900 élèves sans affectation : vive l’égalité des chances !

, par  Guillaume MARSAULT

Le rectorat multiplie la communication dans les médias pour laisser croire que tout va pour le mieux en cette rentrée, malgré la centaine de suppressions de postes dans l’académie de Guadeloupe. & pourtant !

Ce ne sont pas moins de 900 élèves en fin de troisième, ou de seconde, qui se retrouvent en cette rentrée sans affectation. Il s’agit pour la plupart d’élèves en difficulté, issus des classes populaires. Les élèves sortant des troisième d’insertion, troisième DIMA, voire découverte professionnelle sont très lourdement touchés.
Les responsabilités sont multiples, mais elles sont toutes imputables à la politique du gouvernement.
Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux frappe fortement les personnels de l’Éducation nationale : ce sont des personnels en moins pour accueillir les élèves. Cela se traduit par une diminution de l’offre de formation pour les élèves.
Le remplacement des BEP par les bac pro en trois ans pénalise les élèves en difficulté, puisque les élèves doivent assimiler en trois ans ce qu’ils pouvaient apprendre en quatre ans auparavant. Les bac pro en trois ans produisent des filières d’élite qui barrent toute opportunité pour les élèves en difficulté.
Les lacunes dans les structures d’accueil des établissements guadeloupéens sont un autre facteur aggravant : le manque d’internats pénalise les élèves de la périphérie de l’archipel, comme ceux de Saint-Martin ou de Marie Galante, qui doivent venir en Guadeloupe continentale pour poursuivre des études. Si le centre de l’académie apparaît en difficulté, les périphéries semblent délaissées.
À force de casser l’Éducation nationale, c’est l’avenir de la jeunesse qui est menacé. À quoi sert-il de répéter que l’avenir est la société de la connaissance, si l’on ne donne même pas à l’ensemble des jeunes l’opportunité de poursuivre des études, faute de place disponibles ?
Lundi 14 septembre de très nombreuses familles attendaient patiemment devant les CIO de l’académie que l’on daigne s’occuper d’elles en leur proposant une orientation pour leurs enfants. Malheureusement pour elles, à midi, le rectorat n’avait toujours pas daigné envoyer les capacités d’accueil restantes dans les établissements aux conseillers d’orientation. Deux semaines après la rentrée, ces centaines d’élèves sans orientation doivent en sus affronter le mépris de l’institution.
Le SNES Guadeloupe affirme que cette situation est intolérable & que le rectorat doit prendre les dispositions nécessaires immédiatement pour offrir des places dans les établissements du second degré à l’ensemble de ces élèves. L’éducation doit rester un droit pour tous, non une chance offerte à une minorité !

Le secrétariat académique du SNES Guadeloupe