Histoire des Arts, derrière la culture, un grand vide

, par  Guillaume MARSAULT

L’enseignement de l’Histoire des Arts tel qu’il est défini dans les nouveaux programmes est une volonté présidentielle qui va poser d’énormes problèmes dans sa mise en œuvre

Dans la réforme des programmes des collèges mise en place par le gouvernement, est apparu un véritable programme d’histoire des Arts, transversal, et concernant potentiellement l’ensemble des disciplines. L’Histoire des Arts existait déjà auparavant, dans les programmes d’éducation musicale, d’arts plastiques, mais aussi de français ou d’Histoire géographie.

Avec la réforme, l’histoire des Arts sera évaluée dans le cadre du Diplôme National du Brevet, par un oral en fin de troisième.

Le SNES se félicite de cette volonté culturelle, cependant, de trop nombreuses incertitudes et flous laissent craindre le pire pour la mise en œuvre à la rentrée prochaine !

Il n’existe aucun cadrage national pour l’épreuve orale. De la même manière, il n’existe aucun moyen dévolu à la mise en œuvre de cette discipline transversale. Pourtant, la transversalité implique nécessairement des réunions entre collègues pour établir des progressions, et une harmonisation nécessaires.

Pour que l’histoire des Arts ait une ambition culturelle, il convient de débloquer des heures de concertation pour l’ensemble des équipes pédagogiques, ainsi que pour les équipes disciplinaires. De la même manière, l’évaluation orale doit faire l’objet d’un cadrage national pour que le brevet garde son titre de DNB. Enfin, cette évaluation qui nécessitera un lourd travail de préparation en amont et une surcharge de travail pour faire passer les épreuves en jury, doit être rémunérée.

Pour le SNES, il ne peut être question de faire du bénévolat supplémentaire. La charge de travail dans les collèges ne cesse de s’accroître d’années en années. La mise en place de l’Histoire des Arts sans moyen et sans cadrage est une absurdité qui risque de donner lieu aux pires dérives.

À défaut de mettre en place une réelle politique culturelle pour tous, l’Histoire des Arts sera au mieux une coquille vide ou au pire une usine à gaz imposant une surcharge de travail aux enseignants sans pour autant apporter aux élèves la culture que le SNES revendique.