Contractuels : un pas de plus dans la précarité !

, par  Laurent Bayly

En cette rentrée 2010, le rectorat innove d’une bien scandaleuse manière en matière d’affectation des contractuels. Ces derniers n’en avaient vraiment pas besoin. Variable d’ajustement à la merci des chefs d’établissements, du bon vouloir de la DPES, on connaissait leurs difficultés à obtenir une situation stable : refus du ministère de mettre en place un plan de titularisation, de réactiver les concours spécifiques, refus d’accorder des CDI à ceux qui sont employés depuis longtemps par le jeu des contrats. Un alinéa suffit à faire repartir l’ancienneté à zéro. Nombre de collègues inexpérimentés, naïfs ou tout simplement n’ayant pas le choix ont été victimes ces dernières années de cette pratique particulièrement mesquine.
Au moins les plus anciens bénéficiaient-ils d’une certaine assurance de réemploi quand ils étaient déjà en poste dans un établissement, quand ils avaient de l’ancienneté. C’était jusqu’à cette année priorité aux anciens… Volte face arbitraire du rectorat : un très grand nombre de contractuels dans l’académie s’est retrouvé sans affectation. Beaucoup ont vu de collègues avec moins d’ancienneté leur « passer devant » alors qu’eux restaient sur le carreau. Le nombre de contractuels concernés prouve qu’il ne s’agit pas d’un simple dysfonctionnement mais d’une volonté délibérée du rectorat : près de 300 collègues dans toute l’académie ne sont pas réemployés cette année, en Guadeloupe comme dans les Îles du Nord.
Dans quel but ? D’abord, le rectorat met encore plus la pression sur une catégorie toujours plus précaire. Plus de vulnérabilité entraîne plus de docilité. Quant à savoir si cela améliore la qualité de l’enseignement, que cela se fait au profit des élèves, qu’on réfléchit sur le long terme… Ce ne sont là les préoccupations ni du rectorat, ni du gouvernement actuel. Surtout, il s’agit d’empêcher des personnels précaires de prétendre à un CDI. Si nous ne faisons rien la règle risque de devenir : plus je donne satisfaction (donc plus je suis repris d’une année sur l’autre) moins j’ai de chances d’avoir du travail. Plus on a besoin de moi, moins on me prend. On mesure l’absurdité et l’injustice d’une logique strictement comptable et à courte vue.
Tout ceci confirme les positions que défendent les syndicats de la FSU .
o le CDI est un leurre : il ne concerne qu’une minorité de contractuels qui se réduit encore plus à une peau de chagrin. De plus un agent en CDI est licenciable si le nombre de titulaires est suffisant. Le CDI c’est encore de la précarité !
o La seule perspective pour mettre fin cette précarité est la mise en place d’un plan de titularisation ambitieux avec concours réservé.
o Une vraie politique de l’éducation ne se fait pas au gré des calculs électoraux, des obsessions idéologiques, des coupes budgétaires à courte vue. Pour le long terme il faut des enseignants en situation stable. Pas d’éducation durable sans emploi durable !

Pour s’opposer et agir, un collectif de contractuels soutenus par les syndicats de la FSU s’est constitué en Guadeloupe. Un autre se monte à Saint Martin pour les Îles du Nord.
Nous demandons à chacun de nous signaler les cas de collègues concernés. Nous demandons aux collègues contractuels de rejoindre le collectif et se contacter leur représentant syndical FSU (SNES, SNEP, SNUEP…)

Non à la précarité, non à la casse de l’Education Nationale !
Oui à l’emploi durable, oui à une grande politique d’éducation