Salaires : la partie au mérite se prépare !

, par  Guillaume MARSAULT

Le ministère de la Fonction Publique vient de publier un projet de modification de la rémunération des enseignants qui peut remettre en cause le statut !

À la suite de rapports sur la rénovation de la Fonction Publique publiés l’année dernière, le ministre de la Fonction Publique vient d’annoncer la mise en place d’une cotation généralisée de l’ensemble des emplois publics.
Cette cotation servira de base à la nouvelle rémunération voulue pour les fonctionnaires, autour de la Prime de Fonctions et de Résultats.
Le ministère considère en effet que le point d’indice et la carrière des fonctionnaires ne tiennent pas suffisamment compte des réalités du terrain. C’est pourquoi il propose de classer l’ensemble des emplois sur une grille allant de 1 à 6, servant de coefficient multiplicateur à une indemnité. Cette prime à la fonction serait couplée à une prime individuelle, au mérite, variant dans une fourchette de 0 à 6. Cette partie individuelle serait liée à un entretien professionnel individuel. Les cadres d’une individualisation totale des carrières sont donc posés. L’ambition du ministère est de valoriser la performance, qui, selon lui, n’est toujours pas prise en compte.
Le SNES-FSU rappelle qu’il est totalement opposé à ce dispositif d’individualisation, qui sera forcément arbitraire & injuste. Cette individualisation va totalement à l’encontre du statut de fonctionnaire, pour lequel la rémunération est totalement dissocié du poste occupé. Ce principe est fondamental, tant pour les fonctionnaires que pour les usagers. Ce principe permet en effet une égalité d’emploi sur l’ensemble du territoire, garantissant à tous un droit à mutation, mais aussi des fonctionnaires de niveaux équivalents sur l’ensemble du territoire.
En cassant le statut par l’entrée de la rémunération, le ministre entend en effet faire des économies sous des prétextes iniques. Le SNES rappelle que la performance est déjà prise en compte dans l’avancement des collègues (& par là-même la rémunération) par le biais du grand choix & du choix. Contrairement à ce qui est affirmé, la « performance » basée sur un entretien individuel « régulier » par le chef de service, donc le chef d’établissement risque d’être un moyen de pression pour transformer le chef de service, en véritable manager de son équipe pédagogique. Quelle performance pour le collègue qui refuse des heures supplémentaires ? Quelle performance pour le collègue qui demande un temps partiel pour élever ses enfants ? Il est possible de multiplier les exemples sans fin de risques d’arbitraire & d’injustices avec ce nouveau dispositif de rémunération. Pour une toute petite minorité qui va bénéficier de primes, l’immense majorité des collègues va y perdre.
Le SNES réclame depuis très longtemps une véritable revalorisation des salaires qui passe par une augmentation substantielle du point d’indice, pour compenser les pertes de pouvoir d’achat depuis plus de 20 ans maintenant !

Guillaume MARSAULT