Le rectorat de Guadeloupe souhaite t-il la réussite des élèves au Bac ? calendrier de l’année et des épreuves pénalisent les élèves de notre académie

, par  Laurent Bayly

Les mauvais résultats au Baccalauréat s’enchaînent pour l’académie de Guadeloupe. Ils ne semblent pas avoir conduit le rectorat à une réflexion permettant de corriger le tir, de placer les élèves de l’académie de Guadeloupe dans les conditions du succès. Accusera t-on encore le LPK ? Les enseignants auront-ils droit à un appel à la mobilisation générale du recteur ? Le rectorat se défaussera t-il de ses responsabilités ?
Les causes pour nous sont à revercher dans l’organisation même de l’année scolaire. Depuis plusieurs années nous alertons sur l’absurdité du calendrier. Une étrange spécificité guadeloupéenne fait que les congés de Carnaval ne durent qu’une semaine contre deux partout ailleurs. Si l’on considère qu’il s’agit là d’une période festive traditionnelle qui mobilise particulièrement les élèves et donc les éprouve, on comprend mal l’entêtement des autorités académiques à ne pas s’aligner sur la pratique nationale. Nos élèves sont donc pénalisés par un second trimestre particulièrement long et un temps de repos insuffisant à l’encontre des préconisations des chrono- biologistes. La fin du troisième trimestre est quant à elle barrée par les vacances de « mi- mai » dont on ne comprend pas bien l’utilité ou la justification, surtout en lycée où les cours s’arrêtent aux alentours du 10 juin, organisation du bac oblige. Or c’est la période où les enseignants luttent pour boucler leurs programmes, essaient de mobiliser les élèves de terminale ou de première tentés de ne plus venir… Mesurez le taux d’absences des premières et des terminales après les vacances de mi- mai, un mois par ailleurs entrecoupé de tant de jours fériés. Les cours pour les terminales de Guadeloupe finissent pour une grande partie le 15 mai. Jours fériés et congés auront eu raison de leur motivation à suivre les cours de leurs enseignants. Résultat, beaucoup se présentent à l’épreuve en ayant zappé la fin du programme.
Enfin On est en droit de se demander pourquoi les épreuves commencent en Guadeloupe 5 jours avant l’Hexagone. Nos élèves sont privés de précieux jours de révision, ce qui aggrave leur impréparation. Ajoutons que cette année, ils ont enchaîné deux épreuves particulièrement lourdes, la philosophie et l’histoire géographie alors que traditionnellement il y avait quelques jours entre la philo et les autres épreuves. Là encore, les candidats sont pénalisés sur des matières à fort coefficient en ES et en L. N’oublions pas que les taux de réussite dans cette dernière série sont déjà particulièrement médiocres. Il y à fort à parier que, gérant difficilement les révisons de deux grosses matières, l’histoire géographie soit négligée et que le notes soient très mauvaises. On voudrait affaiblir la discipline et œuvrer à la suppression du Bac, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Bref, non seulement rien n’est fait pour favoriser la réussite de nos jeunes au bac mais on a légitimement l’impression qu’elle est sacrifiée au nom d’enjeux extérieurs qui nous échappent. Jusqu’à preuve du contraire, la Guadeloupe est une académie française au même titre que les autres. Toute adaptation ne doit se faire qu’au profit des élèves et de leur réussite. C’est pourquoi nous réclamons un alignement de la ventilation des vacances et du calendrier du Bac sur l’Hexagone