Un ministère de l’Éducation en Guadeloupe !!!!

, par  Sandrine Stefkovic

Depuis quelques années, nous voyons ressurgir un certain
discours visant à dénoncer un système éducatif en Guadeloupe qui ne prendrait pas en compte les spécificités de notre Académie.
Ces organisations syndicales dénoncent, je cite, l’absence « d’un
véritable projet académique prenant en compte nos réalités
culturelles, linguistiques, historiques et environnementales ».
Comment ne pas être surpris, voire déçu par ces propos lorsque :

• professeur de Lettres, on propose à ses élèves d’étudier des oeuvres d’écrivains antillais ;

• professeur de SVT, on valorise la faune et la flore tropicale, on étudie le volcanisme caribéen ;

• professeur d’EPS, on permet à ses élèves, dans le cadre des activités de pleine nature (APN), de s’initier à la voile traditionnelle ou au Kayak de mer, mieux encore à découvrir la danse « biguine » ;

• professeur d’Histoire et de Géographie, on se mobilise pour que l’étude de la traite et de l’esclavage ne soient pas uniquement aux programmes dans les DOM mais dans toutes les Académies ;

• professeur d’éducation musicale, on propose à ses élèves d’étudier les rythmes antillais (du reggae au gwo ka en passant par le zouk et la salsa) ;

• professeur d’Arts Plastiques, on sensibilise ses élèves aux teintes et formes caribéennes ;

• professeur d’Anglais ou d’Espagnol ; on organise des séjours linguistiques dans la Caraïbe ou qu’on invite des auteurs caribéens dans son établissement.

Cette liste non exhaustive nous prouve que ce discours est avant tout idéologique. Il vise en fait à minimiser les conséquences des réformes du Ministre DARCOS et par conséquent à se dédouanerde l’impérieuse nécessité de participer aux mobilisations qui concernent toutes les académies. A défaut d’avoir obtenu l’indépendance institutionnelle de la Guadeloupe, certains syndicalistes rêvent d’une indépendance de l’Éducation en Guadeloupe. En somme le slogan fort connu « nou pa fwansé, pa voté » devient « gwèv’ a fwansé, nou pa adan ».

Et pourtant nous luttons contre :

‐ la disparition de la carte des ZEP (zones d’éducation prioritaire) et REP (réseau d’éducation prioritaire) des îles du Sud (Marie‐Galante, Les Saintes) et des îles du Nord (Saint‐ Martin et Saint‐Barthélemy)
‐ la disparition des RASED (Réseau d’aide)
‐ la suppression de BEP
‐ la suppression de nombreuses options en lycée
‐ le décret sur le remplacement de courte durée pour les personnels
‐ la suppression d’un poste sur deux de fonctionnaires
‐ l’élargissement des zones de remplacement
‐ la transformation de postes en heures supplémentaires
‐ la multiplication des postes à complément de service
‐ le décret De Robien qui visait à pouvoir imposer à un professeur d’enseigner une autre discipline que celle de son recrutement
‐ la réduction drastique du nombre de postes aux concours (voire la suppression de certains concours), entrainant l’augmentation de la précarité, la disparition programmée des conseillers d’orientations psychologues
‐ la suppression de tout dispositif de résorption de la précarité
‐ la suppression du corps des MISE (maître d’internat et
surveillant d’externat).

Toutes ces réformes sont bien nationales. Elles sont le résultat de la dégradation de l’offre d’éducation proposée aux élèves et d’une détérioration sans précédent des conditions de travail des personnels. Elles nécessitent donc une riposte concertée de toutes les académies sans exception.
Nous, militants des syndicats de la FSU considérons qu’on ne peut pas faire échec à cette politique en se contentant de lutter uniquement contre la mise en place de ces réformes dans l’académie de Guadeloupe. C’est pour ces raisons que nous n’opposons pas les ripostes propre à notre académie à celle qui concernent l’ensemble des académies, d’où notre engagement à relayer les grèves nationales en Guadeloupe, mais aussi à appeler les personnels à se mobiliser sur des questions spécifiques à notre académie comme par exemple :

‐ les abus de pouvoir du précédent recteur et de certains chefs
d’établissement
‐ la fusion des zones de remplacement Grande‐Terre et Basse‐Terre
‐ la vétusté du bâti scolaire et la pénurie d’installations sportives dans les établissements scolaires
‐ la défense des droits des contrats aidés.
Nous n’opposons pas les non titulaires « guadeloupéens » aux titulaires « venus d’ailleurs », comme le disent certains syndicats.
Au contraire nous réclamons le retour des dispositifs type « concours réservés » et l’augmentation des postes aux concours internes et externes afin d’offrir aux jeunes Guadeloupéens des perspectives d’emploi.
Ce n’est pas en encourageant le développement de la précarité que nous servirons notre jeunesse, mais plutôt en exigeant la résorption de la précarité, véritable fléau de notre académie.

La FSU continuera donc à dénoncer toutes les formes de sectarisme car elles sont nuisibles à l’amélioration de l’éducation en Guadeloupe et sont indignes de l’histoire de notre région.

Alex Bissainte Membre du bureau de la FSU

Alex Bissainte est candidat SNES‐FSU en 30e position sur la liste de
la Commission Administrative Paritaire Nationale des certifiés