Déclaration de la FSU Guadeloupe au CTA Non aux 34 suppressions de postes !

, par  Guillaume MARSAULT

La FSU Guadeloupe constate que la rentrée 2015 ne sera pas construite sur des bases saines. Les 34 suppressions de postes pour le second degré sont une aberration au vu de la situation académique. Tout comme la carte nationale de l’éducation prioritaire puisque notre archipel avec 13 REP et 3 REP plus est l’académie ultramarine la moins bien dotée.

L’essentiel des suppressions frappe cette année les collèges, alors que le ministère dans sa refondation du collège, clame haut et fort la création de 4.000 postes dans ces établissements. Quand on sait que la réussite scolaire est très fortement corrélée à la réussite sociale on ne peut pas comprendre comment un département français avec autant de chômeurs et de jeunes chômeurs peut être ainsi privé chaque année de moyen pour faire réussir la jeunesse guadeloupéenne.

Ainsi, pour faire plaisir à la une logique strictement comptable de réduction des moyens si chère à l’ancienne gouvernance, notre académie sacrifie l’avenir de la jeunesse et va à rebours de la politique voulue par le ministère. Avec 10 points de retard sur la moyenne nationale au DNB, avec des élèves décrocheurs provenant des milieux défavorisés, il est évidemment urgent de couper les moyens dans les collèges qui réussissent visiblement trop bien.

Les marges sont cependant si ténues qu’il a fallu déguiser la réalité du terrain pour tenir la ligne volontariste de 34 suppressions. Ainsi, les effectifs décrétés par l’académie de 24 élèves en 6ème et 28 dans les autres niveaux ont souvent été sacrifiés. Pourquoi le rectorat s’embarrasse-t-il de seuils si les chefs d’établissement peuvent allègrement s’en affranchir ? D’autres chefs d’établissement ont inventé des blocs de moyens provisoires de 10 et 16 heures pour ne pas avoir à créer un postes. C’est le cas par exemple en EPS au collège Jean Jaures qui est un collège REP+. D’autres ont renvoyé les heures de chorale en IMP. L’ensemble de ces petits tours de passe-passe technique va avoir de lourdes conséquences à la rentrée, et les précaires vont être de nouveau recrutés en urgence pour pallier les coupes sombres injustifiées de l’administration.

Contrairement au discours affiché par l’administration depuis le mois de février, les suppressions de postes ne sont pas corrélées à la démographie. Les effectifs d’enseignants chutent deux fois plus vite que la baisse des élèves depuis 4 ans. Pour rappel le nombre d’heures par élèves en 2011 était pour les collèges, SEGPA inclus de 1.36, il est pour ce CTA ci à 1.27 ! La différence représente 2183 heures de cours que n’auront pas les élèves, soit 121 postes de certifiés !

Faut-il donc considérer qu’avec des moyens en baisse, les résultats vont s’améliorer pour rattraper la moyenne nationale ?

Pour la FSU Guadeloupe, cette politique qui a déjà fait la preuve de son inefficacité est encore vouée à l’échec et nous nous y opposons. Nous demandons un rattrapage immédiat de ces postes perdus indûment et un plan d’urgence pour l’académie visant à compenser les difficultés de nos élèves, mais aussi aux difficultés socio-économiques de l’archipel de la Guadeloupe.

Cela correspond à la création de 400 postes de titulaires ! C’est à ce prix que le seul objectif audible pour la FSU pourra se réaliser : la réussite de tous les élèves !