Tous en grève le 12 mai !

, par  Laidi BenHaddou

Le 12 mai, les travailleurs du public et du privé se joignent leurs luttes.

L’objectif principal reste l’abrogation de la loi El Khomri mais il ne faut surtout pas croire que cette dernière sera la dernière attaque contre les travailleurs.

D’autres hommes politiques (Sarkozy, Le Maire, Macron, Fillon ...) annoncent déjà la fin du statut des fonctionnaires, son remplacement par un contrat de 5 ans, l’augmentation du temps de travail, la suppression de 600.000 postes en 5 ans voire 1.000.000 en 10 ans ...

Les observateurs de la loi El Khomri ont remarqué que le point principal était l’inversion des normes : c’est-à-dire que, pour la première fois depuis la création du Ministère du Travail (1906 !). Ce n’est plus la loi qui va prévaloir mais la négociation dans les entreprises ; là où les patrons sont en position de force.

Ces mêmes observateurs ont remarqué que si le gouvernement a lâché du lest, il n’a pas cédé sur cette inversion des normes. C’est pour cela qu’il faut continuer à revendiquer l’abrogation de cette loi qui nous ramènerait au XIXe siècle.

Dans l’Éducation, la réforme du collège (qui n’a pas été discutée avec les syndicats les plus représentatifs, ni avec l’Assemblée Nationale) contient aussi une part de cette inversion des normes : 20% des horaires disciplinaires sont négociables dans les établissements.
Avec la suppression des postes (35 cette année, 174 depuis 2013 !), la négociation proposée par les chefs d’établissement s’est résumée à : qui se fait mettre dehors ?

C’est pourquoi, il faut que la grève du 12 mai soit massive dans l’Éducation aussi et que les manifestants soient nombreux pour qu’un signal fort soit envoyé au Gouvernement.

PS : Si le Gouvernement (non élu) pense déjà à empêcher le vote des députés (élus) par le fameux 49.3, il a déjà bloqué leur avis sur les amendements (article 96 de l’Assemblée Nationale). Un joli sujet d’EMC ?