Changer le système : offrir des perspectives pérennes !

, par  Laidi BenHaddou


La rentrée dans notre académie de Guadeloupe se déroule une nouvelle année sous le signe des suppressions de postes, sans lien réel avec la démographie. Pire ! Un certain nombre de lauréats de concours ne peuvent rester dans l’académie, bien que leur discipline soit déficitaire, faute de demandes d’ouvertures de capacités d’accueil à la hauteur des réussites aux concours. La précarité, déjà fort importante dans notre académie, va encore s’aggraver au lieu de se résorber. Il est temps d’arrêter l’hémorragie en postes pour répondre aux besoins réels de l’académie. Il est temps de sortir de la précarité institutionnalisée.

Malgré cette situation insupportable, les résultats aux examens sont tout à fait corrects, ce qui serait une bonne nouvelle pour les élèves de l’académie si le choix d’une "évaluation bienveillante" imposée à l’ensemble des correcteurs ne tendait pas à tirer artificiellement vers le haut les résultats des élèves. Le SNES-FSU Guadeloupe rappelle une nouvelle fois que l’ensemble des enseignants en collège et en lycée sont des professionnels consciencieux et que les consignes de correction ainsi que les procédés utilisés sont infantilisants. Il est urgent que l’administration change ses relations hiérarchiques avec les enseignants pour le bien de tous.

Pour parachever ce tableau déjà sombre, la réforme des collèges se met en place avec des moyens en forte baisse. Les dotations horaires sont en baisse, de nombreuses options disparaissent, au détriment des élèves et de la diversité de l’offre de formation. Les dotations financières sont largement insuffisantes pour acheter les manuels conformes aux programmes. Si bien que les enseignants, déjà surchargés de travail par l’aberration de devoir refaire tous les programmes en cette rentrée, vont le plus souvent se retrouver sans manuels scolaires, ce qui va nécessairement entraîner une nouvelle surcharge de travail et une inflation de photocopies ! La résistance pédagogique est le mot d’ordre de cette rentrée en collège !

Seuls points positifs pour cette rentrée, le dégel du point d’indice, bloqué depuis 2010, et la transposition concrète du PPCR, qui va permettre au premier janvier prochain une augmentation des salaires ! Cependant, cette première revalorisation est largement insuffisante pour permettre de compenser les pertes indiciaires de ces dernières années.

Le SNES FSU fait l’analyse que le second degré est l’objet d’une réforme globale caractérisée par une politique de gestion des flux d’élèves à moindre coût et visant à en transformer la conception. Cette transformation se fait par différents biais (réforme du collège, réforme du lycée de 2010, développement de l’autonomie, procédures d’évaluation, procédures d’orientation etc...). Cette transformation a des conséquences néfastes pour les élèves et les métiers, dévalorisés et l’expertise des personnels niée.

La rentrée s’annonce en outre difficile du fait de l’augmentation des effectifs par classe, des emplois du temps, des pressions pour obliger à rentrer dans des dispositifs inopérants.

C’est pourquoi le SNES-FSU Guadeloupe, outre la résistance pédagogique en collège, appelle à se mettre massivement en grève le 8 septembre !