Mobilisation contre les HSA dans les collèges

, par  Laidi BenHaddou

Chères et chers collègues,

Aujourd’hui plusieurs établissements se sont mobilisés contre les dotations horaires :

  • le collège Courbaril (Pointe-Noire) classé en éducation prioritaire réclamait la non-fermeture d’une classe de sixième : le Rectorat prévoit exactement 72 élèves (donc exactement 24 élèves par classe). Le problème c’est que 84 élèves sont inscrits en CM2 et seront évidement dans le collège l’an prochain. M. Grévoul (secrétaire général, chargé de l’administration de l’académie) a fait la chose qu’il maîtrise le plus : l’évaporation temporaire des élèves. 12 élèves vont disparaître jusqu’en mars et réapparaitront début juillet. Tout le monde en était conscient, les services du Rectorat et les enseignants. D’autant plus que le même cinéma s’était déroulé l’an dernier. Le Rectorat avait fermé puis réouvert une classe de sixième devant la réalité des effectifs. Cela justifiait bien ce choix du Rectorat. Vous ne révez pas : quand le Rectorat se trompe il considère que ses services ont bien fonctionné. Le collège Courbaril reste mobilisé demain. Il était en grève aujourd’hui et restera fermé demain !
  • les collèges Macal (Saint-François) et Général de Gaulle (Le Moule) réclamaient une transformation d’heures supplémentaires en heures postes afin que les collègues n’aient pas à supporter des compléments de service alors que les besoins dans l’établissements sont supérieurs à ce que les enseignants doivent fournir. M. Grévoul a fait la deuxième chose qu’il maîtrise : la découverte du dossier suivi par le corollaire : il répondra plus tard. Il lui a été rappelé que dans les académies soucieuses de la réussite des élèves et des conditions de travail des enseignants, le taux d’HSA était de 6,98% ( http://www.rouen.snes.edu/IMG/pdf/Copie_de_Copie_de_FSU_DHG_2016_couleurs2.pdf ) . Il a donc fait mine de le découvrir et a évidement dit qu’il répondrait plus tard.
  • le collège Matéliane a ajouté la problématique du classement en REP+ qui est justifié par toutes les données disponibles. M. Grévoul a convenu qu’il faudrait y réfléchir. Est-ce une façon d’avouer que dans les hautes sphères du Rectorat, on ne le fait pas déjà ? Il a poursuivi en pointant le manque d’attractivité de l’établissement, oubliant sans doute que la carte scolaire a amputé les effectifs d’un quart. Oubliant que la réforme du collège (dénoncée par les syndicats de la FSU) avait supprimé toutes les options qui pouvaient créer de la mixité.
  • le collège Les Roches Gravées a ajouté la problématique des heures-marges (3h par division) pour la SEGPA. Le ministère a bien dit que ces heures devaient être ajoutée dans les dotations http://www.snuipp.fr/Preparation-de-la-rentree-2016. Aucune réponse n’a été apportée. En Guadeloupe, on met les classes des collèges en éducation prioritaire au maximum de l’académie, on ne va quand même pas faire un effort pour des élèves de SEGPA ...

Le choc démographique semble être la nouvelle idée dans la communication du Rectorat. Il y a effectivement un choc démographique, c’est l’augmentation des seuils d’ouverture de classes, le passant de 24 à 26 pour les sixièmes (15 établissements ont à le subir). C’est évidement le calcul ridicule qui consiste à tomber exactement à 28 élèves par classe dans 16 établissements afin de ne pas ouvrir de classe.

Le choc démographique c’est d’inclure les élèves ULIS dans ces mêmes classes car 30 élèves (dont certains qui présentent des troubles des fonctions cognitives ou mentales) dans une classe c’est assurer la réussite et l’égalité ? Qui peut sérieusement croire qu’on espère la réussite de l’inclusion ? Encore une fois, noyer les publics les plus fragiles semble être une constante de ceux qui gère l’académie ? La réponse est simple mais s’ajoute aux précédentes : en Guadeloupe,

  • on met les classes des collèges en éducation prioritaire au maximum possible
  • on ne donne pas les heures dues aux élèves de SEGPA
  • on ne va quand viser la réussite des élèves en classe ULIS en leur donnant les moyens de réussir.

La question des HSA est sensible et si les collègues prennent des HSA, c’est d’abord parce qu’ils ont eu à subir la politique de l’austérité appliquée à l’Éducation.

En Guadeloupe le taux est de 10,2%, une simple règle de trois montre que l’académie a besoin de 54 enseignants titulaires, rien qu’en collège ! Il y aura pourtant des suppressions en collège pour arriver à 7% d’HSA. Cela est d’autant plus insupportable que nombre de stagiaires (formés en Guadeloupe et souhaitant y rester) vont être envoyés dans les académies de Créteil ou de Versailles. Mais pour cela, il faudrait un Recteur soucieux de la réussite des élèves et des conditions de travail des enseignants.

La mobilisation doit continuer, elle s’étend au lycée Gerville Réache, au collège Pitat et au collège les Roches Gravées. Le collège Satineau a encore refusé la répartition de la DHG ce soir.

Le dialogue social affiché par le Recteur consiste simplement à l’autocongratulation et à l’aveuglement volontaire.

Le rectorat ne semble (souhaite ?) comprendre que le rapport de force. Ce rapport de force est à construire avec les collègues de tous les syndicats qui souhaitent une éducation de qualité en Guadeloupe, mais surtout avec les parents d’élèves qui sont en capacité de bloquer les établissements.

Les sections académiques du SNES, du SNEP mais aussi la FSU peuvent aider à expliquer construire ce rapport de force mais celui ne pourra exister que s’il est l’émanation des établissements.

PS : un exemple pour comprendre le problème des HSA, dans le collège de Trois-Rivières, il y a un besoin de

  • 72,5 h en mathématiques, 18*4=72 donc 4 profs à temps complet. La proposition du chef d’établissement est de 3 postes à temps complet (avec 2 HSA chacun) + un complément de service.
  • 56,5h en histoire-géographie ; 18*3=54 donc 3 profs à temps complet. La proposition est aussi de prendre des HSA pour un poste à complément de service
  • 82h en EPS, 20*4=80 donc 4 postes à temps complet avec 2 HSA. La proposition est aussi de prendre des 6 HSA pour un poste à complément de service pour 4h ailleurs.

Le chef d’établissement n’a pas d’autre choix que de faire accepter des HSA aux collèges. C’est son unique rôle. À nous de déconstruire ses discours. L’heure supplémentaire n’est faite pour supprimer des postes mais pour faire tourner les établissements.

PPS : Un combat juste n’est jamais perdu.

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.

Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.

Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime. (...)

Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.

Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.

PPPS : vous pouvez transmettre ce message à vos collègues