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Inquiétudes sur la situation de l’éducation Saint Martin

samedi 12 janvier 2019, par Bureau SNES-FSU Guadeloupe

L’ouragan Irma a frappé Saint Martin dans la nuit du 6 au 7 septembre 2017 causant d’immenses dégâts au bâti scolaire. Depuis les difficultés de la reconstitution se sont ajoutées aux problèmes structurels que connaît le territoire en matière d’éducation depuis 2007, date du changement de statut de l’île, régie par l’article 74 de la constitution. C’est la collectivité qui a en charge le bâti scolaire. Elle n’a eu de cesse de réclamer une extension de ses compétences.
Deux aspects soulèvent de vives inquiétudes : la reconstruction et le passage en Vice Rectorat.

La reconstruction

Près d’un an et demi après le cyclone, la reconstruction n’est achevée dans aucun des établissements impactés.

  • La cité scolaire Robert Weinum : moins impactée que nombre d’autres établissements elle abrite en plus du LGT et du collège Robert Weinum, le collège Soualiga détruit et dont il a été décidé qu’il ne serait as reconstruit. Les deux collèges ont fusionné pédagogiquement à la rentrée 2018 ; la fusion administrative est prévue est à la rentrée 2019. La cité scolaire prévue pour accueillir 900 élèves en accueille cette année 1400. De plus, le Rectorat a crée depuis la rentrée 2017 des sections supplémentaires : BTS et STI2D qui nécessitent de gros besoins en salles. La mise en place des ST2S est prévue pour septembre 2019.
    Pour faire face au manque de salles, rectorat et collectivité ont annoncé pour la rentrée 2018 de nouvelles salles modulaires. A la rentrée 2018 il a été constaté que le chantier avait à peine commencé. La dernière annonce en date de livraison des travaux était le 11 janvier. À la rentrée de janvier 2019, les collègues ont constaté que cela ne serait toujours pas possible.
    Après 3 semaines de mouvement sous l’impulsion d’un collectif Parents Élèves Professeurs (PEP) en septembre, des commissions de suivi avaient été mises en place, la gestion des sommes dédiées à la reconstruction confiée à l’éducation nationale via un délégué, M. Climent Pons, ancien secrétaire général en Polynésie notamment. En novembre,il s’est avéré que le chantier était illégal puisque la collectivité n’a pas délivré de permis de construire. Les contrôles sur le chantier ont aussi révélé l’emploi de travailleurs illégaux. L’entrepreneur a aussi changé les projets initiaux (matériaux et configuration des toits). La préfecture qui a mandaté un ingénieur expert, ne semble pas avoir de prise sur ce que fait la collectivité. Elle refuse de faire passer la commission de sécurité tant que le chantier n’est pas régularisé.
    De plus les ALGECOS mis en place par l’entrepreneur sont défectueux : climatisations inefficaces (donc problème de chaleur dans les salles) qui fuient (de l’eau dans les salles). De l’eau stagne sur les toits ce qui entraîne la prolifération de moustiques, augmentant le risque d’épidémie de dengue, Zika, Chikungunia...). L’entrepreneur reste sourd aux demandes de réparation.
    De plus la proviseure a refusé la demande des élus au CA de réunion de la commission hygiène sécurité. Aucune réunion n’est annoncée à ce jour (8 janvier 2019).
    Face à l’inachèvement des travaux, le mouvement à repris lundi 7 janvier avec un débrayage. mardi 8 janvier : parents et enseignants ont bloqué les accès à la cité scolaire. Un préavis de grève avec rassemblement est prévu pour la venue du recteur le vendredi 11 janvier.
    Le recteur et son représentant prendront-ils la responsabilité de faire rentrer des élèves dans des salles construites illégalement et sans validation par une commission de sécurité ?

Ces retards posent d’énormes difficultés dans l’exercice des enseignements : au LGT en particulier certains cours ne sont assurés qu’en comptant sur les absences des professeurs. Des enseignants et des élèves doivent changer chaque semaine de salle. Tous les enseignements ne sont pas assurés. C’est le cas des enseignements d’exploration de seconde qui n’ont eu lieu qu’une fois depuis septembre. Des trous avaient été laissés dans l’emploi du temps des élèves pour qu’ils puissent avoir lieu mais avec le retard, l’établissement s’est rabattu sur le samedi matin . Cela a suscité le rejet de la part des élèves qui sont très peu venus. En effet ayant déjà cours le mercredi après midi. Ils ont concentré leurs activités sportives et culturelles le samedi. De plus l’importance du nombre d’élèves adventistes augmente l’absentéisme. L’administration ayant été très complaisante avec cette religion ces dernières années.
Le samedi suivant le chef d’établissement a organisé une rencontre parents professeur le samedi puis à banalisé la journée avant les vacances.
Ces dysfonctionnements entraînent aussi :
une forte consommation de drogue constatée chez les élèves dans certaines divisions par les enseignants. Cette drogue serait vendue aux abords de la cité scolaire.
Une insécurité aux alentours de l’établissement. Bagarres, « Wheeling », collégiens et lycéens qui traînent du fait de leurs emplois du temps et du fait que le ramassage scolaire ne passe qu’en fin d’après midi . Il n’y a pas de place pour garder les élèves dans les établissements. La police territoriale n’applique que très insuffisamment sa mission.
De plus nous constatons qu’un grand nombre d’élèves sont en difficulté. Certaines divisions dépassent les 36 élèves. Tout ceci ne permet pas d’appréhender leurs difficulté et d’y apporter une réponse faute de moyens. Un classement de l’ensemble de l’île en REP + permettrait de dégager des marges de manœuvre du le terrain.

Aujourd’hui l’ensemble du service public d’éducation n’est pas assurée à Saint Martin de par la défaillance de la collectivité, incapable de gérer la reconstruction du bâti scolaire. L’égalité républicaine est bafouée à Saint Martin.
Se pose très clairement, face à cette défaillance, la question de transférer à l’Etat la compétence de gestion du bâti scolaire.
Enfin ces défaillances ont clairement un effet sur la santé des enseignants en particulier sur leur état psychologique. Cela a été clairement repéré par le CHSTCA lors de sa venue le 4 octobre 2018. Comme après Irma, la réponse du rectorat a été quasi inexistante. A ce jour aucune mesure de suivi psychologique ou d’intervention de la médecine du travail n’est mise en place. Les collègues sont laissés seuls face aux dysfonctionnements. La réforme nationale du lycée risque d’aggraver leur désarroi. Aujourd’hui les seules solutions qui s’offrent à l’enseignant est l’arrêt maladie et la demande de mutation. Le silence de la hiérarchie est assourdissant face à cette souffrance au travail.

  • Le collège Mont des Accords : Les travaux sont en cours mais loin d’être terminés
  • Le collège Quartier d’Orléans : pas de travaux depuis septembre. Le Collège reste dans un état très dégradé

La création du Vice Rectorat

Lors de sa venue à Saint Martin le 29 septembre 2018, Le résident Macron a annoncé la création d’un Vice Rectorat à Saint Martin dans le courant de l’année 2019. Le plus grand flou entoure cette création.
Quelles compétences pour le Vice Recteur ? À ce jour nous n’avons pas de réponse en particulier sur le recrutement d’enseignants, la création d’un corps local, souhait de la collectivité. Le danger aujourd’hui est la mise en place d’une politique communautariste et clientéliste de la collectivité et du future Vice Recteur de recrutement local d’enseignants. Le ministère sera t-il sensible à la pression de la collectivité qui pousse à la nomination d’une cheffe d’établissement « saint martinoise » à ce poste ? Nous ne sommes pas favorables à la création de ce Vice rectorat mais si Vice Recteur il doit y avoir nous demandons qu’il soit recruté sur les mêmes bases de diplômes et d’expérience que les autres Vice recteurs (Mayotte, Polynésie, Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna).
Aujourd’hui l’annonce de la création du Vice rectorat attise dans un contexte économique difficile des tensions communautaires entre les « saint-martinois » et les autres. La collectivité par ailleurs exsangue sur le plan financier fait miroiter des emplois d’enseignants à des titulaires de bac +2, bac +3, postes occupés aujourd’hui par des fonctionnaires d’État qui viennent d’autres territoires (Hexagone, Guadeloupe notamment).
Quel sort pour les collègues en poste à Saint Martin ? Comment seront-ils recrutés ? Le mouvement pour Saint Martin sera t-il séparé de celui pour la Guadeloupe ? Comment quitter Saint Martin pour les autres académies ? Pour la Guadeloupe ? Ces questions se posent avec d’autant d’acuité que nombre de collègues sont arrivés à Saint Martin par extension.
Se pose enfin la question de la pertinence même d’un Vice Rectorat pour un territoire minuscule, peuplé d’à peine 40 000 habitants avec 5 établissements d’enseignement secondaire seulement.

Nous demandons donc au S4 une intervention au ministre pour porter les demandes suivantes

  • La régularisation du chantier de la cité scolaire et un document écrit validé par l’État que les nouvelles salles sont bien aptes à recevoir des élèves et conformes au normes de sécurité
  • La reprise en main des compétences de la collectivité sur l’Éducation par l’État pour assurer l’égalité républicaine en matière d’éducation et garantir la construction du nouveau collège dans les plus brefs délais.
  • L’accélération des opérations de reconstruction et de mises aux normes de tous les établissements sous contrôle de l’État.
  • La réévaluation du projet de collège 900 prévu pour 2021 et la participation des représentant des personnels, parents et élèves au nouveau projet.
  • Le classement de l’ensemble de Saint Martin en REP +

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