Ne pas tomber dans le piège !

, par  Guillaume MARSAULT

Après plus de quatre semaines de grève générale, le recteur d’académie envoie un mail à l’ensemble des enseignants, via les boites académiques.

Monsieur le Recteur envoie un mail où il envisage une reprise du travail des enseignants & souhaite que l’ensemble des élèves puisse bénéficier de la formation à laquelle ceux-ci ont droit. On ne peut que se féliciter de cette démarche. Le SNES Guadeloupe partage cette position.
Par contre, Monsieur le recteur affirme avoir trouvé 13 points d’accord sur les 15 avec les organisations syndicales. Le SNES Guadeloupe regrette que Monsieur le Recteur ne cite pas ces organisations, car le SNES n’en fait pas partie. En outre, le SNES souhaiterait connaître la teneur de cet accord, car de nombreuses revendications apparaissaient pour le moins inquiétantes pour les enseignants.
Enfin, Monsieur le recteur termine son courrier par : "J’en profite enfin pour rassurer parents et élèves, et affirmer que tout sera fait, au besoin en modifiant le calendrier scolaire, pour que le programme soit réalisé et que ceux qui se présentent aux examens le fassent dans les meilleures conditions possibles." Le SNES Guadeloupe considère que les enseignants doivent faire le maximum pour assurer les programmes scolaires. Cependant, il ne peut être question d’une modification du calendrier scolaire sans aucune concertation. Comment imaginer en effet que des vacances scolaires soient supprimées sans concertation avec l’ensemble des partenaires ? Pour quels motifs ? Dans de nombreux établissements scolaires, les cours n’ont pu être assurés faute de la présence des élèves, ou de barrages ! Les enseignants qui souhaitent rattraper des cours, sur la base du volontariat, doivent pouvoir le faire, mais il ne peut être question d’alourdir la charge de travail d’enseignants qui ne sont aucunement responsables de la situation actuelle !
D’autre part, il convient de faire très attention à des propositions actuelles qui circulent de manière informelle, comme assurer des cours via Internet. Même si la démarche peut se comprendre, c’est la nature du métier que nous remettrions en cause. S’il est possible "d’assurer des cours par Internet", cela signifie que l’enseignement avec un professeur devant des élèves est inutile !
Ne tombons pas dans le piège tendu, "au nom du bon sens, ou au nom de notre conscience professionnelle". Chacun doit pouvoir, dans le cadre de sa liberté pédagogique, assurer les enseignements supplémentaires qu’il souhaite, mais il ne peut être question que l’administration, à quelque niveau que ce soit, impose une modification statutaire, qui n’aurait alors aucun fondement légal. Notre service reste fixé hebdomadairement & aucune charge supplémentaire ne peut être exigée sans rémunération !