Des CPE plutôt que des précaires

, par  Sandrine Stefkovic

Répartition académique des 5000 médiateurs contre l’absentéisme :
L’académie de Guadeloupe bénéficiera de 82 des 5000 médiateurs de la réussite scolaire devant être recrutés, sous contrat aidé, le 1er février 2009 par les chefs d’établissement pour lutter contre l’absentéisme scolaire.

Cette répartition a été communiquée aux recteurs d’académie mercredi 28 janvier 2009, ils devront choisir les établissements "fortement exposés au phénomène d’absentéisme" dans lesquels seront implantés ces médiateurs.

Une liste de 102 établissements prioritaires a été élaboré par la Dgesco dans 17 académies .

MISSIONS :
Ces médiateurs seront placés sous la responsabilité du chef d’établissement. Ils devront :

- repérer les absentéistes,
- organiser dans l’établissement des actions d’aide à la parentalité sur le modèle des écoles et maisons de parents,
- créer un lien fort avec les familles dans et hors de l’établissement,
- établir des relations avec les associations de quartier.
Ils seront recrutés "au titre de leur connaissance des problématiques familiales et sociales et de leurs capacités relationnelles". Leur "résidence dans un quartier relevant de la politique de la ville" n’est pas obligatoire mais "peut constituer un atout".

Ces emplois aidés devront être formés avant leur prise de fonction "par les services déconcentrés de l’Éducation nationale". Les recteurs devront "rendre compte" à la Dgesco du nombre de médiateurs de réussite scolaire opérationnels au 1er mars 2009.

L’analyse du SNES :

Cette annonce est la reconnaissance de la nécessité d’augmenter le nombre d’adultes dans les établissements pour assurer l’encadrement des élèves et en particulier le suivi des absences en liaison avec les familles, ce que le SNES réclame depuis de nombreuses années.

Cependant, pour le SNES, le choix du ministre de faire appel à des emplois aidés est inacceptable :

- la mission qui leur serait confiée est actuellement assurée par les CPE (Conseillers principaux d’Education) et par les assistantes sociales, c’est-à-dire des personnels qualifiés et formés alors que les personnels précaires seront recrutés sans conditions de diplôme et ne bénéficieraient d’aucune formation ;
- il est fait appel une nouvelle fois à des personnels précaires avec un salaire au SMIC pour assurer des missions permanentes dans les établissements scolaires en lieu et place de personnels titulaires.
- Le recrutement de "médiateurs" n’est pas la réponse au traitement de l’absentéisme. Les besoins en personnels quallifiés sont de plus en plus criants dans les établlissements. Et, plutôt que de recruter en nombre suffisant aux concours, d’implanter des postes dans les établissements à fort effectif élèves ( rappelons que l’académie de Guadeloupe détient le triste record des collèges les plus gros de France), de reconnaître le travail réel des CPE, le Ministère accentue la précarité. Le recrutement de médiateurs est une mauvaise réponse à de vrais problèmes.

Ainsi, pour des raisons manifestes d’économie, le Ministère choisit de mettre en péril les missions importantes qu’il prétend en même temps développer, sans traiter sur le fond les problèmes d’absentéisme dont les dimensions sociales et éducatives sont évidentes.

Cette annonce fait craindre légitimement aux CPE que le ministre a fait le choix soit de leur disparition soit d’une transformation de leurs missions vers des activités plus administratives qu’éducatives.

Le SNES demande donc que la reconnaissance par le Ministre des besoins dans les établissements conduisent à augmenter fortement le recrutement des CPE, indigent depuis plusieurs années et qui ne couvre même plus les départs en retraite.