ENSEIGNANTS, TITULAIRES ET NON TITULAIRES MOBILISONS NOUS ET PRÉPARONS NOUS À AGIR !

, par  Guillaume MARSAULT

Les personnels non titulaires ont toujours été nécessaires au fonctionnement du système scolaire en Guadeloupe. D’ailleurs nombre des titulaires actuels sont d’anciens Maîtres auxiliaires, contractuels ou vacataires ayant intégré l’Éducation à travers des plans de titularisation, concours réservés ou spécifiques.

Le développement du nombre de ces personnels diplômés (ils ont souvent la licence et plus) en emploi précaire et le traitement abusif et discriminatoire dont ils étaient l’objet de la part de l’administration ont conduit le législateur à prendre une mesure de protection de ceux-ci en leur permettant d’accéder à un CDI.

Aujourd’hui c’est ce droit instauré par le législateur que la direction du Rectorat met en cause.

Comment le rectorat s’y prend-il pour remettre en cause ce droit ?

Le rectorat, partant du principe qu’il veut limiter le nombre de personnels non titulaires en CDI, a décidé de désorganiser le mouvement d’affectation des non titulaires en appliquant une politique inique et arbitraire.
Malgré l’opposition des élus du personnel en commission consultative paritaire (CCP) à tous changements des critères d’affectation, jusqu’alors en vigueur, et basés sur l’ancienneté, l’admissibilité à un concours et les avis du chef d’établissement et de l’inspecteur, le Rectorat a opéré arbitrairement, dès le mois de juillet, à l’affectation des non titulaires en dehors de la CCP. Le seul critère ayant présidé à ces affectations de par la volonté du secrétaire général et de la direction du rectorat est le refus de tenir compte de l’ancienneté pour éviter l’accès au CDI. Ainsi à la lecture des documents d’affectation on constate que ceux ayant le moins d’ancienneté ont été affectés en priorité.

Quelles sont les conséquences de cette politique ?

Le petit nombre de contractuels affecté en début d’année scolaire et la politique affichée du Rectorat ont entrainé une sensibilisation des contractuels et vacataires qui s’est traduite par une Assemblée Générale le mercredi 8 septembre à l’appel de l’intersyndicale de l’Éducation et la constitution du Collectif des personnels enseignants non titulaires. Nous sachant en ordre de bataille, le Rectorat tente de désamorcer la mobilisation en affectant à la va vite le maximum de non titulaires sur des petits bouts d’heures (4, 6 ou 8 h). La seule règle intangible reste la non affectation de tous ceux qui peuvent prétendre à un CDI. Tant pis s’il y a des moyens vacants et des élèves sans enseignants.

Aujourd’hui la mobilisation s’impose face à une politique rectorale autoritaire et foulant aux pieds le droit au travail et la dignité de ces personnels.
Cette offensive du Rectorat n’est que le début d’un plan visant à se débarrasser du maximum de contractuels en leur refusant toutes perspectives d’intégration. Les contractuels en CDI ne sont pas à l’abri puisque le rectorat envisage pour l’an prochain d’aller plus loin et de procéder à des licenciements en prétextant l’absence de moyens dans leur discipline.
Préparons nous à une mobilisation massive pour barrer la route à cette politique rectorale destructrice d’emplois et qui ne respecte pas les textes de loi.

Pointe-à-Pitre, le 17/09/2010

L’intersyndicale de l’Éducation et le Collectif des non titulaires

Tracts contractuels