Déclaration liminaire au Comité Technique Académique du 17 ocotbre 2016

, par  Laidi BenHaddou

Monsieur le Recteur,

Le comité technique académique se réunit aujourd’hui pour faire le bilan de cette rentrée scolaire. Le deuxième depuis votre arrivée dans l’académie. Nous étions restés silencieux sur la rentrée de l’année dernière, organisée par votre prédécesseur, fossoyeur zélé de l’Éducation Nationale.

Cette rentrée est la vôtre, Monsieur le Recteur. Vous l’avez négociée et organisée. Vous avez supprimé 35 postes de titulaires pour le second degré et n’avez créé aucun poste dans le premier degré, cela porte votre passif à 99 sur deux ans.

Les années précédentes, malgré l’opacité, les organisations syndicales avaient droit à l’ensemble des effectifs par établissement et par division. Ce n’est même pas le cas cette année. Incompétence ou camouflage, Monsieur le Recteur ?

Vous nous fournissez les documents montrant les ajustements de rentrée. Vous dénombrez 15 créations de classe à la rentrée scolaire (13 en collège, 2 en lycée), notre enquête en dénombre au moins 21. Camouflage ou incompétence, Monsieur le Recteur ? Vous avez sous-estimé les moyens nécessaires de rentrée de 485 heures postes et 125 HS en collège et de 624 heures postes en lycée, soit l’équivalent de 61 ETP en heures postes et 7 ETP en heures supplémentaires, au regard des 35 postes supprimés, camouflage ou incompétence, Monsieur le Recteur ?

La réponse est évidente au vu des documents fournis : non seulement, vous cautionnez le choix de vos services de sous-estimer volontairement les effectifs pour supprimer des titulaires et recruter des précaires à la place, mais en plus vous avez utilisé tous les leviers les plus vils de la réforme des collèges pour casser le service public. En transformant les moyens de suivi des classes bilangues et euro-caribéennes en ajustement, ainsi que les langues vivantes régionales, vous avez ainsi pu supprimer l’équivalent de 9 ETP !

L’ensemble des documents est une nouvelle fois donnée en format PDF et non en format exploitable malgré nos demandes récurrentes depuis votre arrivée, camouflage ou incompétence, Monsieur le Recteur ?

La FSU Guadeloupe dénonce vos choix, Monsieur le Recteur, qui détruisent le service public et entretiennent la précarité dans l’académie. Rien ne peut justifier le refus de recourir aux listes complémentaires dans le premier degré alors que 52 supports sont vacants à ce jour.

Nous attendons toujours les réponses à nos questions écrites posées lors du CTA du 22 mars 2016.

Nous attendons depuis 13 mois les réponses à nos questions posées concernant l’IRCANTEC des contractuels pour l’année 2004, ainsi que vos choix Monsieur le recteur concernant l’établissement d’un barème d’affectation des non titulaires, et vos choix concernant une grille d’avancement des non-titulaires.

Vous semblez intéressés par la légalité en nous fournissant le règlement intérieur du comité technique qui par ailleurs a été adopté lors du premier CTA qui a suivi les élections de décembre 2014. La FSU Guadeloupe y est aussi très attaché, Monsieur le Recteur. Nous attendons surtout toutes les réponses à nos questions par écrit.

La FSU Guadeloupe a subi les deux heures de bavardages et d’autosatisfaction lors de la réunion du 5 octobre. La FSU Guadeloupe n’est pas dupe des résultats aux examens qui ne sont pas le fait de vos orientations, mais bien des 18 ans de politiques éducatives précédentes, à moins que vous n’assumiez délibérément d’avoir organisé une amélioration factice de la réussite aux examens.

Finalement, si votre prédécesseur se comportait en autocrate violent et autoritaire, votre capacité au dialogue social est une condition nécessaire pour améliorer les conditions de travail et de réussite scolaire mais elle ne suffit pas à assurer les moyens dont nous avons besoin.

La création de postes dans le second degré, la prise en compte réelle des élèves en situation de handicap, l’extension de l’éducation prioritaire à toute l’académie, la transparence dans la gestion des personnels, l’ouverture des listes complémentaires et la lutte conte la précarité des personnels sont autant d’actions concrètes nécessaires pour la bonne marche de notre académie et la réussite de tous nos élèves.

La nuance porte sur la lecture de Diderot qui disait : « La liberté d’écrire et de parler dépend soit de l’extrême bonté du prince, soit du profond esclavage du peuple. On ne permet de dire qu’à celui qui ne peut rien ».