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Crise sanitaire, crise sociale

lundi 22 novembre 2021, par Bureau SNES-FSU Guadeloupe

Journée particulière

La Rectrice a prévenu par voie de presse hier vers 18h que les établissements scolaires et les écoles de la Guadeloupe continentale resteront fermés aujourd’hui.

C’était évidemment la seule solution pour assurer la sécurité des personnels et des usagers.

Le Secrétaire Général de l’Académie a précisé que la situation serait réévaluée tous les jours. D’ores et déjà, la décision de fermeture pour demain reste la même qu’aujourd’hui.

Dans son message, non reçu par les personnels, la Rectrice a précisé :

Les équipes pédagogiques sont invitées à assurer la continuité pédagogique avec leur classe.

Par cette invitation, elle confirme donc l’analyse du SNES-FSU quant à la continuité pédagogique : elle n’est obligatoire que dans le cadre du protocole sanitaire, en particulier au niveau 3 et 4.

Nul doute que le mauvais coup du calendrier scolaire va être dans toutes les têtes.

Semaine tendue ?

Depuis lundi 15 novembre, une grève générale a débuté en Guadeloupe. Très rapidement la contestation de l’obligation vaccinale a laissé la place à l’expression d’un malaise social. Ce mouvement a généré de nombreux barrages sur tout le territoire mais aussi des pillages.

Face à cette situation, le gouvernement a choisi d’envoyer des renforts des forces de l’ordre.

C’est donc ainsi que le Gouvernement veut rétablir « l’ordre républicain ». C’est donc la violence légitime qui est choisie. Il en a le pouvoir.

Il y avait d’autres possibilités mais la perspective des élections présidentielles semble encourager les postures martiales plus que la recherche de solutions négociées.

Nous ne voulons pas que la première victime de la répression soit cette jeunesse dont un jeune sur trois est au chômage.

Elle subit les politiques éducatives rétrogrades et inadaptées à notre territoire.

L’une des conséquences visibles de ces politiques est le fort taux d’illétrisme qui est révélé par les tests d’évaluation de la lecture effectués pendant la journée défense et citoyenneté (JDC) en 2020.

28,6% de nos jeunes sont en difficulté de lecture. C’est 3,6 fois plus qu’en France hexagonale (8%).

C’est moins bien aussi qu’en Martinique et à la Réunion qui ont plus de REP+. (Source : 7.08 Les compétences des jeunes en lecture)

Cela fait des années que le SNES et la FSU défendent, en Guadeloupe et en France, une politique éducative émancipatrice et ambitieuse.

On rappellera encore une fois que dans notre académie, le taux d’élèves du second degré établissements en REP+ est très faible : 6,5% des collègiens de Guadeloupe sont en REP+.

Plus faible que 9 académies métropolitaines qui ont pourtant des résultats aux tests de lectures 3 fois supérieur à nous. Marseille en a 2,6 fois plus que nous, Lille, 2 fois plus que nous …

Les élèves scolarisés dans les autres académies ultra-marines sont aussi bien mieux dotés en éducation prioritaire renforcée que nos élèves :

  • Martinique : 20,9% (3,2 fois plus que nous)
  • la Réunion : 27,3% (4,2 fois plus que nous)

Sans parler de la Guyane qui a réussi par la lutte syndicale à ce que 96,8% des élèves soient en REP+. (Source : 2.14 Les réseaux d’éducation prioritaire renforcés [REP+])

Pour rajouter à l’inégalité, notre académie n’utilise même pas les moyens pourtant insuffisants que nous alloue le Ministère. L’année dernière, le SNES avait compté que 34 emplois n’avaient pas été utilisés dans les dotations horaires alors que le Ministère avait envoyé les moyens.

Cette année, ce sont 65 emplois qui ne sont pas utilisés. Cela veut dire que toutes les semaines, 1175 heures poste par semaine ne sont pas faites alors que ces heures sont dans notre académie.

Depuis la création de l’Académie, le choix de la hiérarchie rectorale et de certains élus a été une politique réactionnaire sans aucune équité pour les élèves qui en avait le plus besoin. Une politique, qui loin d’aider les élèves les plus en difficultés, fait le choix conscient de de la politique de l’autruche sous couvert de résultats aux examens mirobolants.

On rappellera aussi, qu’en Guadeloupe, aucun élève de SEGPA n’est scolarisé en REP+. Abandonner les élèves les plus en besoin d’école est une constante assumée par l’administration rectorale.

C’est la contribution de notre académie au drame social dont nous subissons les conséquences.

Ce drame social, subi par une partie de la population, a pour corollaire la violence que nous voyons depuis la semaine dernière.

Le SNES-FSU Guadeloupe et la FSU Guadeloupe n’ont pas appelé aux blocages des axes routiers. Nous appelons au dialogue et à la négociation.

Au contraire, nous demandons l’ouverture urgente de discussions entre les organisations syndicales et les pouvoirs publics. Le ministre des Outre-Mers a enfin reçu pour mission d’ouvrir enfin le dialogue avec les forces vives de la Guadeloupe.

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