
1. Une rentrée scolaire qui sera marquée par des effectifs surchargés dans le second degré
Les établissements scolaires du second degré de notre académie font face, une fois de plus, à une augmentation des effectifs dans les classes liée à des suppressions de postes annoncées. Les classes surchargées deviennent la norme, rendant l’accompagnement des élèves de plus en plus difficile et affectant la qualité de l’enseignement. Cette situation nuit particulièrement aux élèves les plus fragiles, creusant encore davantage les inégalités scolaires. La FSU réclame des moyens supplémentaires pour fixer des effectifs de classe en collège et en lycée qui permettent des conditions d’enseignement et d’apprentissage à la hauteur des enjeux de notre académie. Mais, le Rectorat semble faire la sourde oreille face aux mobilisations des communautés scolaires comme celle du lycée Yves Leborgne à Sainte-Anne, du lycée Faustin Fléret à Morne-à-l’Eau, qui dénoncent l’insuffisance des moyens pour la prochaine rentrée scolaire. Sourde oreille aussi face aux demandes de moyens supplémentaires du collège Soualiga à Saint-Martin pour assurer la sécurité des personnels et des élèves. De très nombreux conseils d’administration rejettent depuis une semaine la répartition des moyens qui leur est présentée. Ces rejets ne sont pas liés à une mauvaise répartition, ils sont liés à l’enveloppe insuffisante. La baisse démographique, unique argument de la baisse des moyens, devrait permettre de soulager les classes et d’assurer un encadrement éducatif avec des effectifs adaptés.

2. Le premier degré n’est pas mieux loti
22 suppressions de postes. Et se faisant, 51 classes et 2 dispositifs en ASH fermeront pour uniquement 15 ouvertures de classes et 3 dispositifs dans l’ASH. Toutes les classes dédoublées de Grande Section, CP et CE1 sont toutes à 15 élèves alors que le législateur prévoyait 12 élèves et les autres classes dites ordinaires sont de fait avec des effectifs ne permettant pas la prise en charge des élèves en très grande difficulté.
A cela s’ajoute le manque criant d’AESH permettant une véritable inclusion des élèves en situation de Handicap. Des notifications faites en retard entrainent des scolarisations sans accompagnement, des PIALs qui mutualisent les moyens accroissent les difficultés et c’est souvent tous les élèves de la classe qui sont impactés car les enseignants se retrouvent seuls en charge des handicaps souvent très lourds de nos élèves.
3. Une dégradation des conditions de travail et d’apprentissage dues aux épisodes de chaleur excessive
Les épisodes de forte chaleur, de plus en plus fréquents notamment en début et fin d’année scolaire, impactent fortement les conditions de travail et d’apprentissage dans les établissements scolaires. Des salles de classe surchauffées, une ventilation insuffisante et l’absence de dispositifs d’adaptation conduisent à des situations insupportables pour les élèves comme pour les personnels. Il est impératif que des mesures concrètes soient mises en place, notamment en anticipant les investissements nécessaires pour adapter les infrastructures scolaires aux nouvelles réalités climatiques.
4. Une vétusté alarmante du bâti scolaire
De nombreux établissements de notre académie souffrent d’un état de délabrement avancé, mettant parfois en danger la sécurité des élèves et des personnels. Les infiltrations, les équipements vieillissants et les locaux inadaptés ne sont plus acceptables.
Nous déplorons l’absence de planification pour rénover et entretenir notamment les lycées qui ont entre 15 ans et 30 ans comme celui des Droits de l’hommes à Petit-Bourg, le lycée Nord Grande-Terre à Port-Louis, le lycée Yves Leborgne à Saint-Anne. En collège, la situation n’est guère plus enviable.
L’urgence est à l’investissement massif pour rénover et mettre aux normes notamment sismiques les bâtiments scolaires, afin de garantir un cadre de travail et d’apprentissage sécurisé et adapté aux contraintes naturelles et climatiques de notre académie.
Face à ces constats préoccupants, la FSU demande des engagements clairs et des actions immédiates pour répondre à ces défis majeurs.
Il en va de la qualité de l’enseignement public et des conditions de travail de l’ensemble de la communauté éducative.
Au regard des Indicateurs de Position Sociale de nos élèves et sachant que la quasi-totalité de nos établissements ont des IPS en dessous de 100, ce qui entraine dans l’hexagone un classement en Education Prioritaire (Seuls 4 collèges ont des IPS au-delà de 100), la FSU continue d’exiger le classement de l’académie en Education Prioritaire Renforcée afin de doter toutes nos écoles de GS, CP et CE1 dédoublés à 12, de réduire les effectifs des autres classes dites ordinaires, limiter à 24 les divisions en collège, augmenter le nombre d’adultes dans les établissements (CPE, AED, Infirmiers, Psychologues…) pour une école de la réussite.
Les représentants de la FSU Guadeloupe au CAEN