HEURES SUPPLEMENTAIRES : ATTENTION DANGER !

, par  Sandrine Stefkovic

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, tout le monde le sait.
L’abus d’heures sup est dangereux pour nos statuts, on le sait moins.
De nos jours, les emplois du temps sont calculés en prenant en compte, dès le départ, la première HSA « imposable ». Qui, parmi nous, peut encore se targuer de faire 15 heures ou 18 heures tout juste chaque semaine ?

Sans vouloir culpabiliser les collègues qui acceptent des heures supplémentaires en raison de contraintes budgétaires personnelles, il est important d’attirer l’attention sur les heures sup, cheval de Troie gouvernemental destiné à menacer, à moyen terme, nos statuts.

Le phénomène de la massification des heures supplémentaires comporte des conséquences aussi diverses que néfastes :
- diminution du nombre de postes disponibles ( 106 suppressions de postes pour la rentrée 2009, dont 27 de remplacement : le double de l’année dernière !!!)
- diminution du nombre de postes ouverts aux concours
- des mutations rendues difficiles ( les postes à complément de service ne seront plus gérés à compter de ce mouvement intra en poste spécifique, multiplication des collègues en carte scolaire)
- augmentation des postes à complément de service
- difficulté voire impossibilité pour les TZR d’obtenir un poste fixe.

En outre, le recours massif aux heures supplémentaires permet au ministère de dissimuler les conséquences, sur le terrain, des suppressions de postes opérées par milliers dans l’Education nationale.
Plus grave encore, l’acceptation des heures supplémentaires par le corps enseignant dans son ensemble, considérée par X. Darcos comme un fait positif, une réussite évidente, pourrait servir de prétexte au gouvernement pour amorcer une refonte de nos statuts et généraliser l’imposition de trois heures supplémentaires (les agrégés passeraient à 18 heures hebdomadaires et les certifiés à 21 heures).
Cela signifierait un recul, une dégradation de nos conditions de travail sans précédents.
Ne foulons pas aux pieds les combats remportés par nos prédécesseurs, ne mettons pas en danger nos statuts au nom d’intérêts à cour terme, ne nous laissons pas prendre au piège du slogan démagogique « Travailler plus pour gagner plus ».
Restons vigilants et solidaires.

Diane RINALDO