B2i : petits arrangements pour cacher la misère !

, par  Guillaume MARSAULT

Alors que le B2i est obligatoire pour obtenir le diplôme national du Brevet, les établissements se retrouvent avec des conditions déplorables & des équipes pédagogiques démunies pour mettre en œuvre les validations.

Parler d’un désert pour le parc informatique des collèges de Guadeloupe est un euphémisme. Entre les établissements qui n’ont pas de parc informatique (salle avec 6 postes informatiques !) et ceux qui ont une salle dotée d’un poste pour deux élèves, la majorité des établissements scolaire de Guadeloupe ne possède pas de salle capable d’accueillir une classe avec un élève devant un ordinateur. Quand on sait que les dédoublements n’existent pas au collège, comment espérer valider le B2i dans des conditions décentes ? Pour rester dans les aspects techniques, de nombreux établissements n’ont pas un accès Internet avec un débit suffisant pour pouvoir faire fonctionner en réseau l’ensemble du parc informatique de manière correcte.

Rappelons que le Brevet Informatique et Internet est nécessaire pour l’obtention du Diplôme National du Brevet. Il faut en effet avoir validé 80% des compétences pour l’obtenir. Le B2i est en outre basé sur le principe de la co-évaluation : l’élève demande à être validé avant qu’un professeur vérifie lors d’une séance & valide ensuite la compétence.
Cela signifie que l’élève qui n’a pas la chance d’avoir un ordinateur chez lui a peu de chances de pouvoir accéder à un poste informatique dans l’établissement scolaire.
Si l’on passe sur les collèges qui renvoient la validation aux seuls professeurs de technologie, il faut reconnaître que la validation des élèves relève le plus souvent du flou artistique, & parfois même du risible. Un collègue explique doctement qu’il envoie des mails à ses élèves, qui sont validés s’ils lui répondent correctement de chez eux !
Dans certains établissements, les dates de validation de l’année passée laissent à penser qu’une validation générale par un enseignant, voire par le chef d’établissement a été mise en œuvre pour ne pas pénaliser les élèves.

Le SNES demande l’équipement de toute urgence d’au moins une salle informatique avec une trentaine de postes. Il est tout aussi nécessaire de doter les EPLE de moyens technologiques modernes (vidéo-projecteurs, logiciels...) pour développer des enseignements en accord avec les demandes actuelles. Le SNES demande des formations sur le temps de travail de l’ensemble des enseignants pour permettre le développement des TICE & les intégrer véritablement aux pratiques pédagogiques.

En l’état, le SNES demande un moratoire sur le B2i devant ces pratiques qui discréditent toute forme d’enseignement & de pédagogie jusqu’à ce que les moyens matériels & humains soient attribués aux établissements scolaires.